En bref
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
Question prioritaire de constitutionnalité : le rescrit juridictionnel va être examiné par le Conseil Constitutionnel
Par une décision du 6 mai 2019, n° 427650, le Conseil d’Etat a décidé de transmettre une question prioritaire de constitutionnalité relative au rescrit juridictionnel résultant de la loi ESSOC.
Pour rappel, l’article 54 de loi n° 2018-727 du 10 août 2018 pour un Etat au service d’une société de confiance (Loi ESSOC) a prévu l’expérimentation du rescrit juridictionnel.
Ce rescrit consiste à permettre, à un bénéficiaire d’un acte ou à l’administration qui l’a délivré, de pouvoir saisir le juge administratif pour en apprécier sa légalité (compétence, vices de procédure, vices de forme). Le rescrit juridictionnel a pour but de consolider la légalité d’un acte dans des délais raisonnables, souvent pour des opérations complexes impliquant la prise de plusieurs décisions administratives. Il constitue un recours contentieux préventif, en appréciation de la validité d’un acte.
Il modifie profondément la logique contentieuse, dans la mesure où ce n’est pas un opposant à l’acte administratif qui saisit le juge, mais au contraire la personne qui en est le destinataire ou la personne qui l’a signé. L’expérimentation concerne des décisions relevant du droit de l’urbanisme, du droit de l’expropriation, et du droit de la santé publique.
Un décret d’application de la loi ESSOC a été publié le 6 décembre 2018 (Cf. décret n° 2018-1082 du 4 décembre 2018).
L’expérimentation est applicable dans le ressort des tribunaux administratifs de Bordeaux, Montpellier, Montreuil et Nancy.
Le décret prévoit également que les actes concernés par l’expérimentation sont notamment les arrêtés portant déclaration d’utilité publique, ou encore les arrêtés créant une zone d’aménagement concerté.
Il précise enfin la procédure spécifique applicable à ce recours en appréciation de validité.
C’est ce décret qui a été contesté devant le Conseil d’Etat.
Pour rechercher son annulation, les requérants ont décidé de soulever une question prioritaire de constitutionnalité à l’encontre de l’article 54 de la loi ESSOC qui a créé le rescrit juridictionnel.
En premier lieu, le Conseil d’Etat relève que l’article 54 de la loi ESSOC n’a pas encore fait l’objet d’un contrôle de constitutionnalité, et que cet article est applicable au litige examiné, conditions préalables à la transmission d’une question prioritaire de constitutionnalité au Conseil Constitutionnel.
Le rescrit juridictionnel serait susceptible de porter atteinte au droit à un recours juridictionnel effectif et à l’équilibre des droits des parties
En second lieu, le Conseil d’Etat relève que la question de la conformité du mécanisme du rescrit juridictionnel avec le principe de séparation des pouvoirs, et le droit à un recours juridictionnel effectif ainsi à l’équilibre des droits des parties présente un caractère sérieux.
Le Conseil d’Etat a jugé que :
« Le moyen tiré de ce que ces dispositions, qui permettent, à titre expérimental, à l’auteur ou au bénéficiaire de certaines décisions administratives de saisir un tribunal administratif d’une demande tendant à apprécier la légalité externe de la décision en cause, portent atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution et, notamment, qu’en méconnaissant le principe de séparation des pouvoirs, elles portent atteinte au droit à un recours juridictionnel effectif et à l’équilibre des droits des parties, garantis par l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, soulève une question présentant un caractère sérieux. »
Le recours au rescrit est à l’initiative de l’administration ou du bénéficiaire de l’acte.
De même que la difficulté du rescrit peut ressortir du fait d’engager, auprès du juge administratif, un débat sur la légalité d’un acte administratif sans la présence directe d’éventuel requérant.
Le dispositif prévoit des mesures de publicité pour les tiers. Cependant, certains tiers ne s’intéressent à la légalité d’un acte administratif que lorsque des actes subséquents sont pris à leur encontre (exemple en matière d’expropriation : l’arrêté de cessibilité, et non la déclaration d’utilité publique qui en est le fondement).
Il appartiendra dorénavant au Conseil Constitutionnel de se prononcer sur la conformité du rescrit juridictionnel.
Florian Ferjoux
Avocat – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Greenwashing : la directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024 s’applique-t-elle directement aux entreprises à compter du 27 septembre 2026 ?
Plusieurs articles précisent ou laissent entendre que les entreprises doivent, au plus tard ce 27 septembre 2026, vérifier que leurs produits et services respectent directement les exigences de la directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024 modifiant les directives...
Chasse : la ministre de l’écologie autorise la chasse de 5000 specimens de fuligule milouin, en recommandant de privilégier le prélèvement des mâles
La ministre de l'écologie a publié au journal officiel du 24 septembre 2026, l'arrêté du 31 août 2026 encadrant la chasse du fuligule milouin pour la saison cynégétique 2026-2027. L'arrêté du 31 août 2026 fixe la date d'ouverture de la période de chasse au 1er octobre...
Déchets du bâtiment : le Gouvernement prépare un nouveau décret pour assurer la refondation de la filière. Voici ce qu’il faut en retenir.
Le ministère de l'écologie prépare un nouveau projet de décret pour tenter de réorganiser la filière de gestion des déchets du déchets du bâtiment (filière REP PMCB). Ce texte a été récemment soumis pour avis au Conseil d'Etat puis aux acteurs professionnels de la...
IA : l’usage abusif de l’intelligence artificielle peut mener à une amende pour recours abusif (état de la jurisprudence)
Les décisions par lesquelles le juge administratif fait part de son agacement grandissant à l'endroit des requêtes mal rédigées à l'aide d'outils d'intelligence artificielle se multiplient. Il est désormais certain que rédiger une requête devant le juge administratif...
Emballages : le point sur les nouvelles obligations issues du règlement PPWR (UE)2025/40 en vigueur depuis le 12 août 2026
Les dispositions du règlement (UE) 2025/40 du 19 décembre 2024 sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) sont entrées en vigueur le 12 août 2026. L’occasion de faire le point sur les principales mesures prévues par le règlement, dont l’adoption s’inscrit...
Solaire : précision des conditions requises pour bénéficier du report de l’obligation d’équipement des parcs de stationnement (décret n°2026-842 du 7 septembre 2026)
Par un décret n°2026-842 du 7 septembre 2026, le Gouvernement a précisé les conditions requises pour permettre aux propriétaires de parcs de stationnement de bénéficier d'un délai supplémentaire pour satisfaire à leur obligation d'installation. Cette possibilité de...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






