En bref
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔
Solaire : le juge administratif précise son contrôle de la prévention des atteintes aux espèces protégées pour un projet de centrale solaire sur un site pollué (CAA Marseille, 19 mars 2026, n°24MA01751 – Jurisprudence cabinet)
Qu’est-ce qu’un « avocat en droit de l’environnement » ? Nos réponses sur l’accès, l’exercice et l’évolution du métier
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026
Réseaux intérieurs des bâtiments : création d’un nouvelle catégorie de réseaux par la loi n°2017-1839 du 30 décembre 2017
La loi n° 2017-1839 du 30 décembre 2017 mettant fin à la recherche ainsi qu’à l’exploitation des hydrocarbures et portant diverses dispositions relatives à l’énergie et à l’environnement a été publiée au Journal officiel du 31 décembre 2017. Elle comporte un article 16 consacré aux « réseaux intérieurs des bâtiments ». Présentation.
Il existe désormais trois types de réseaux de distribution ou de transport d’électricité :
– les « réseaux publics de distribution et de transport d’électricité » (article L. 2224-31 du code général des collectivités territoriales)
– les « réseaux fermés de distribution d’électricité » (article L.344-1 du code de l’énergie)
– les « réseaux intérieurs des bâtiments » créés par la loi « hydrocarbures » (article L.345-1 et suivants du code de l’énergie).
Cette dernière catégorie de réseaux a été principalement créée pour mettre un terme à un contentieux entre la société Enedis et une société développant un projet immobilier de bureaux doté d’un réseau intérieur de distribution d’électricité en raccordement indirect sur le réseau public.
Si le texte ainsi publié autorise la création et l’exploitation de ces réseaux intérieurs de bâtiments, il prévoit également un très grand nombre de conditions. Les réseaux intérieurs des bâtiments sont donc autorisés mais particulièrement encadrés.
La création, le raccordement et l’exploitation des réseaux intérieurs sont en effet soumis par la loi à de nombreux critères et conditions. Il convient en outre d’attendre le décret qui viendra préciser ces critères et conditions.
Définition
Les réseaux intérieurs des bâtiments reçoivent une définition en creux :
« Art. L. 345-1. – Les réseaux intérieurs sont les installations intérieures d’électricité à haute ou basse tension des bâtiments définis à l’article L. 345-2 lorsqu’elles ne constituent pas un réseau public de distribution d’électricité tel que défini au dernier alinéa du IV de l’article L. 2224-31 du code général des collectivités territoriales ni un réseau fermé de distribution d’électricité tel que défini à l’article L. 344-1 du présent code. »
La loi précise surtout ce que ne sont pas les réseaux intérieurs des bâtiments mais assez peu ce qu’ils sont. Il convient donc de procéder par élimination par rapport aux deux autres catégories de réseaux puis de s’intéresser aux critères d’autorisation d’un tel réseau, fixés au nouvel article L.345-2 du code de l’énergie.
Les critères d’autorisation des réseaux intérieurs des bâtiments
Le nouvel article L.345-2 du code de l’énergie dispose :
« Art. L. 345-2. – Les réseaux intérieurs peuvent être installés dans les immeubles à usage principal de bureaux qui appartiennent à un propriétaire unique.
Ne peuvent être qualifiées de réseaux intérieurs les installations électriques alimentant :
1° Un ou plusieurs logements ;
2° Plusieurs bâtiments non contigus ou parties distinctes non contiguës d’un même bâtiment ;
3° Un bâtiment appartenant à plusieurs propriétaires. »
Aux termes de cet article, un réseau intérieur d’un bâtiment ne peut être légalement créé que si les critères suivants sont respectés :
– Le premier critère tient à la qualité du propriétaire du bâtiment à l’intérieur duquel sera créé ce réseau. Il doit s’agir d’un « propriétaire unique ». Si le propriétaire du bâtiment n’est plus unique, il conviendra de se reporter à l’article L.341-7 du code de l’énergie pour envisager une intégration du réseau intérieur au réseau public de distribution.
– Le deuxième critère tient à la destination du bâtiment : un réseau intérieur ne peut être installé que dans un immeuble à usage principal de bureaux. Les bâtiments abritant des logements ne peuvent pas être équipés d’un réseau intérieur.
– Le troisième critère tient à la situation du bâtiment. Il doit s’agir d’un bâtiment unique. Un réseau intérieur ne peut être installé dans plusieurs bâtiments ou dans des parties distinctes non contiguës d’un même bâtiment
Les conditions de raccordement au réseau intérieur d’un bâtiment
Outre les critères d’autorisation de création qui viennent d’être exposés, le raccordement dudit réseau est également soumis à certaines conditions.
1. Ce raccordement doit respecter le principe du libre choix par le consommateur de son fournisseur d’électricité : « Art. L. 345-3. – Le raccordement d’un utilisateur à un réseau intérieur d’un bâtiment ne peut faire obstacle à l’exercice par un consommateur des droits relatifs au libre choix de son fournisseur prévus à l’article L. 331-1« .
2. Ce raccordement ne peut pas non plus faire obstacle au droit de participation au mécanisme d’effacements de consommation mentionné à l’article L. 321-15-1.
3. Ce raccordement ne peut pas porter atteinte au droit pour un producteur de bénéficier de l’obligation d’achat, des garanties d’origine ou du complément de rémunération (article L. 345-4 du code de l’énergie)
4. Les réseaux intérieurs des bâtiments doivent satisfaire aux conditions techniques et de sécurité fixées dans les normes applicables aux installations électriques intérieures (Art. L. 345-6 du code de l’énergie)
L’abandon du réseau intérieur
Un réseau intérieur peut, en cours d’exploitation, ne plus respecter les critères et conditions légales fixées aux articles L.345-1 et suivants du code de l’énergie. Un abandon sera alors envisagé.
Sur ce point l’article L.345-7 du code de l’énergie précise :
« Le propriétaire d’un réseau intérieur tel que défini à l’article L. 345-1 peut abandonner ses droits sur ledit réseau en vue de son intégration au réseau public de distribution auquel il est raccordé, après remise en état à ses frais, pour satisfaire aux conditions techniques et de sécurité prises en application de l’article L. 323-12. À l’occasion d’une division ou d’une vente partielle de l’immeuble mentionné au premier alinéa de l’article L. 345-2, il y est obligé, sous la même condition de remise en état à ses frais, et le gestionnaire du réseau auquel il est raccordé est tenu de l’accepter. »
Un décret d’application à venir
A noter ces dispositions législatives appellent un décret d’application comme le précise l’article L.345-8 duc code de l’énergie. Un décret très attendu car les professionnels seront sans doute attentifs à ce que le Gouvernement ne durcisse encore plus les conditions de création des réseaux intérieurs des bâtiments.
Arnaud Gossement
Avocat associé – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Agrivoltaïsme : Enerplan s’oppose à la suppression de l’obligation d’audition du porteur de projet devant la CDPENAF (loi de simplification de la vie économique)
La loi de simplification de la vie économique a été adoptée, en dernière lecture, par l'Assemblée nationale et le Sénat, les 14 et 15 avril 2026. Elle est actuellement soumise au contrôle de constitutionnalité du Conseil constitutionnel. Le syndicat des professionnels...
Zéro artificialisation nette des sols (ZAN) : pendant que le législateur recule, le juge administratif avance dans la lutte contre l’artificialisation des sols et accroît l’importance de la procédure du « sursis à statuer ZAN » (TA Rennes, 2 avril 2026, n°2405783)
Alors que le législateur pourrait prochainement affaiblir la mise en œuvre de l'objectif de lutte contre l'artificialisation des sols (cf. notre commentaire de la loi de simplification de la vie économique), le juge administratif vient de donner, à l'inverse, une...
Dérogation espèces protégées : la raison impérative d’intérêt public majeur d’un projet pourrait être reconnue dés le stade de sa déclaration d’utilité publique (projet de loi de simplification de la vie économique)
La loi de simplification de la vie économique a été votée en dernière lecture à l'Assemblée nationale et au Sénat, les 14 et 15 avril 2026. Elle est actuellement soumise au contrôle de constitutionnalité du Conseil constitutionnel. Elle comporte, dans son état actuel...
Mine d’or de Salsigne : Arnaud Gossement invité de l’émission « DébatDoc » sur La Chaîne parlementaire (LCP – AN)
Arnaud Gossement était l'un des invités, le lundi 27 avril 2026, du débat organisé à la suite de la diffusion du documentaire "La Vallée de l'Arsenic" consacré à l'histoire de la mine d'or de Salsigne, dans la vallée de l'Orbiel. Pour voir ou revoir l'émission sur la...
Simplification : le Gouvernement souhaite accélérer l’instruction par le juge administratif des recours contre les projets stratégiques (Décret n° 2026-302 du 21 avril 2026)
Le Gouvernement a publié, au journal officiel du 22 avril 2026, le décret n° 2026-302 du 21 avril 2026 relatif à la simplification de la procédure contentieuse en matière environnementale et à l'accélération de certains projets. Ce décret a pour ambition principale de...
Loi de simplification de la vie économique : le Parlement complexifie encore la mise en oeuvre de l’objectif « Zéro artificialisation nette des sols » (ZAN)
Le 14 avril 2026, l'Assemblée nationale a adopté, en dernière lecture, le projet de loi de simplification de la vie économique. Le texte, dans son état actuel de rédaction peut être consulté ici. Le vote en dernière lecture au Sénat est prévu ce 15 avril 2026. Le...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






