En bref
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir des objectifs en matière de biogaz
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
[Conférence] 10 décembre 2025 : grande conférence sur l’avenir de l’énergie solaire, au salon Energaïa, organisée par Tecsol
[Soirée débat] 9 décembre 2025 – « Désinformation climatique : le rôle du droit face au brouillage du réel »
Vélo : le Gouvernement propose d’affaiblir l’obligation pour les collectivités territoriales de créer des pistes cyclables (projet de loi-cadre relatif au développement des transports)
Le ministre des transports a présenté en conseil des ministres, le 11 février 2026, le projet de loi-cadre relatif au développement des transports dont l’article 21 prévoit d’affaiblir considérablement, s’il était adopté, le contenu de l’obligation – créée il y a trente ans – pour les collectivités territoriales de créer des itinéraires cyclables. Les aménagements autorisés pourront être « plus légers » et « moins couteux ». Et pensés en fonction des besoins du trafic automobile. Il ne serait donc plus question de tendre vers une plus grande égalité des usagers de la route, dont les cyclistes, mais de redonner la priorité aux automobilistes. Un changement de philosophie regrettable, pour la santé publique, pour l’environnement mais aussi pour l’économie d’une filière déjà malmenée par la remise en cause de l’ambition du plan vélo. Commentaire.
Pour mémoire, l’obligation de créer des itinéraires cyclables a été créée à l’article 20 de la loi n° 96-1236 du 30 décembre 1996 sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie. Cette disposition a, par la suite, été codifiée à l’article L.228-2 du code de l’environnement. Cet article a été modifié par la loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités (article 61).
L’article 20 du projet de loi-cadre relatif au développement des transports prévoit de corriger en profondeur la rédaction de cet article, de la manière suivante :
« A l’occasion des réalisations ou des rénovations des voies urbaines, à l’exception des autoroutes et voies rapides, doivent être mis au point des itinéraires cyclables pourvus d’aménagements prenant la forme de pistes, de bandes cyclables, de voies vertes, de zones de rencontre ou, pour les chaussées à sens unique à une seule file, de marquages au sol, en fonction des besoins et contraintes de la circulationadaptés aux besoins et contraintes de la circulation. Lorsque la réalisation ou la rénovation de voie vise à créer une voie en site propre destinée aux transports collectifs et que l’emprise disponible est insuffisante pour permettre de réaliser ces aménagements, l’obligation de mettre au point un itinéraire cyclable peut être satisfaite en autorisant les cyclistes à emprunter cette voie, sous réserve que sa largeur permette le dépassement d’un cycliste dans les conditions normales de sécurité prévues au code de la route.
Le type d’aménagement de ces itinéraires cyclables doit tenir compte des orientations du plan de mobilité, lorsqu’il existe.
Les types d’aménagements mentionnés au premier alinéa sont fixés par arrêté du ministre chargé des transports, en tenant compte des caractéristiques du trafic automobile supporté par la voie urbaine concernée, du niveau de service de l’aménagement cyclable à réaliser, ainsi que des conditions de sécurité des cyclistes. «
L’exposé des motifs du projet de loi précise le but poursuivi, à savoir permettre aux collectivités territoriales de créer des aménagements plus légers et moins couteux : « L’article 21 vise à permettre aux collectivités gestionnaires de voiries de réaliser, lors des créations ou rénovation de voies urbaines, des aménagements cyclables plus adaptés, potentiellement plus légers et moins coûteux.
Ce projet de modification de l’article L.228-2 du code de l’environnement emporterait deux conséquences principales, s’il était adopté.
En premier lieu, les aménagements à réaliser pour créer un itinéraire cyclable ne devront plus correspondre à ceux, en nombre limité, mentionnés dans la loi mais à ceux fixés par arrêté du ministre des transports. Un arrêté qui pourra donc autoriser un nombre bien plus important d’aménagements possibles, y compris les plus légers et les moins couteux : peinture, simple signalisation par exemple.
En deuxième lieu, cette modification opère un changement de philosophie important : il n’est plus question de faire cohabiter les différents usagers sur les voies routières mais bien d’adapter la pratique du vélo à la conduite des voitures. Une hiérarchie des usages de la route est ainsi recréée. L’article 21 du projet de loi cadre insiste sur ce point, à deux reprises :
- les aménagements d’itinéraires cyclables devront être « adaptés aux besoins et contraintes de la circulation.«
- ils devront d’abord tenir compte « des caractéristiques du trafic automobile supporté par la voie urbaine concernées
En proposant au Parlement de voter cet article 21 ainsi rédigé, le Gouvernement prend le risque de casser la dynamique de création de pistes cyclables en France malgré son intérêt en termes de santé publique et de protection de l’environnement mais aussi d’emplois dans une filière déjà malmenée par la remise en cause de l’ambition du plan vélo.
Arnaud Gossement
avocat et professeur associé à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne
A lire également :
Le communiqué de presse de la Fédération des usagères et usagers de la bicyclette
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Principe de non-régression : le Gouvernement ne peut pas réduire le niveau de protection des zones humides qui ont « un rôle essentiel en matière environnementale » (Conseil d’Etat, 2 mars 2026, France Nature Environnement et autres, n°497009)
Voici une décision d'une grande importance par laquelle, le Conseil d'Etat a sanctionné - ce qui est encore assez rare - une nouvelle violation du principe de non-régression par le Gouvernement. Faciliter par arrêté la construction de bassines dans des zones humides...
Dérogation espèces protégées : le Conseil d’Etat précise la méthode d’appréciation du « risque suffisamment caractérisé » d’atteinte à l’état de conservation des espèces protégées (Conseil d’Etat, 23 février 2026, n°494510)
Cette décision n°494510 du 23 février 2026 du Conseil d'Etat est d'une particulière importance pour les rédacteurs des études d'impact qui serviront, notamment, à apprécier l'obligation de dépôt d'une demande de dérogation espèces protégées. Le Conseil d'Etat a ici...
Référé-liberté : l’euthanasie d’un animal porte atteinte au droit de propriété et au droit à la vie privée de son propriétaire ou détenteur « compte tenu du lien affectif particulier établi avec lui » (Conseil d’Etat, ord, 19 février 2026, Société Protectrice des Animaux du Roannais, n°511614)
Par une ordonnance n°511614 du 19 février 2026, le juge du référé-liberté du Conseil d'Etat a jugé que le fait pour une autorité publique d'ordonner l'euthanasie d'un animal constitue pour son propriétaire ou son détenteur, par nature et quels que soient les motifs...
Déchets du bâtiment : les députés refusent de discuter en urgence du projet de refondation de la filière de gestion de ces déchets, défendu par le Gouvernement (REP PMCB)
Une opération étonnante vient d'échouer à l'Assemblée nationale ce mardi 24 février 2026. Le Gouvernement a en effet tenté, en vain, de faire voter en urgence par les députés réunis en commission du développement durable, son projet de réforme ("refondation") des...
Déchets du bâtiment : le Gouvernement annonce une réforme de la filière REP PMCB mais pas encore de calendrier
Le ministre délégué de la Transition écologique a publié ce 19 février 2026, un communiqué de presse pour préciser quel sont les grands choix réalisés par le Gouvernement pour procéder à la refondation de la filière à responsabilité élargie du producteur pour les...
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir en matière d’énergie solaire (thermique et photovoltaïque)
Le décret du 12 février 2026 relatif à la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) a été publié. Il présente notamment la planification de l’énergie solaire, thermique et photovoltaïque. Présentation. La nouvelle feuille de route pour l’énergie...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






