En bref
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
Réforme du code minier : publication des quatre ordonnances du 13 avril 2022 à la suite de la loi « climat et résilience du 22 août 2021
Quatre ordonnances publiées au Journal officiel du 14 avril 2022 viennent parachever la réforme du code minier, engagée par la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, dite loi « Climat et résilience ». Présentation.
Il aura fallu plus de dix années et plusieurs essais afin de voir une réforme globale du code minier aboutir, en vue d’adapter le droit minier face à ses nouveaux enjeux.
Cela a débuté avec la publication de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets – dite loi « Climat et résilience ».
Cette loi a notamment introduit une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux, économiques et sociaux des projets miniers dès la demande du titre minier. La loi a renforcé également l’information des acteurs publics locaux et de la population lors de la demande du titre. Elle a enfin, pour ne citer que ces éléments structurants, prévu des motifs de refus sur la demande d’octroi, d’extension ou de prolongation d’un titre minier. L’impossibilité de pouvoir légalement refuser un titre minier pour une raison environnementale et sanitaire a été effectivement longtemps critiquée.
En outre, la loi Climat et Résilience a habilité le gouvernement à poursuivre cette réforme par voie d’ordonnances, notamment en vue de transformer les fondements juridiques et les objectifs du modèle minier français, d’améliorer la prise en compte des enjeux environnementaux liés aux activités minières, de rénover la participation du public, de moderniser le droit minier, de prendre les dispositions relatives à l’outre-mer, ou encore de préciser les mesures relatives aux dommages miniers (Cf. Article 81).
Le 14 avril 2022, quatre ordonnances ont donc été publiées pour définir le nouveau cadre juridique applicable au droit minier :
– L’ordonnance n° 2022-537 du 13 avril 2022 relative à l’adaptation outre-mer du code minier.
Précisions apportées au régime légal des mines
L’ordonnance modifiant le modèle minier et les régimes légaux relevant du code minier contient de nombreuses dispositions précisant le régime applicable aux titres miniers, aux gîtes géothermiques et aux stockages souterrains.
Elle redéfinit la politique nationale des ressources et des usages du sous-sol, et indique que cette politique doit prendre en compte, d’une part, la stratégie nationale de transition vers l’économie circulaire, d’autre part, la programmation pluriannuelle de l’énergie. Elle ajoute à la liste des ressources minières l’hydrogène natif, ou hydrogène naturel.
L’ordonnance confirme le nouveau régime contentieux des décisions prises en application du code minier institué par la loi de 2021, sur le modèle de ce qui est applicable pour l’autorisation environnementale, à savoir celui de la pleine juridiction, avec des possibilités de régularisation diverses.
La phase de développement préalable à l’obtention d’une concession pour l’exploitation d’une ressource résultant de la loi Climat et Résilience a été modifiée et précisée. Elle permet d’étudier la faisabilité technique, environnementale et sociale de l’exploitation projetée, avec une concertation des parties prenantes et du public.
L’ordonnance prévoit également, de manière particulière, qu’une demande d’un titre de recherches ou d’exploitation de gîtes géothermiques et une demande d’un titre de recherches ou d’exploitation d’une autre substance minérale, contenue dans les fluides caloporteurs des gîtes géothermiques, peuvent être présentées simultanément. Cette mesure vise à répondre à la situation du lithium qui peut se trouver dans la ressource géothermique explorée ou exploitée, et cherche à simplifier et adapter les procédures.
L’ordonnance ne retient pas en revanche la concertation préalable à l’obtention d’un titre de recherches, qui résultait de la loi Climat et résilience.
La plupart des dispositions de l’ordonnance entreront en vigueur à la date d’entrée en vigueur d’un décret d’application, et au plus tard le 1er janvier 2024. Des mesures transitoires, dont la portée est toujours essentielle, sont fixées. L’ordonnance prévoit que certaines dispositions sont d’application directe.
Le décret à venir annoncé par l’ordonnance sera également important, dans la mesure où il va préciser les éléments suivants : la procédure d’instruction et les conditions de délivrance des titres ; les critères d’appréciation des capacités techniques et financières pour l’obtention d’un titre minier ; le contenu du mémoire environnemental, économique et social accompagnant la demande de permis exclusif de recherches ; le contenu de l’étude de faisabilité environnementale, économique et sociale accompagnant la demande de concession ; les conditions d’attribution des titres miniers.
De nouvelles procédures sont donc créées, avec de nouvelles pièces et de nouveaux types de décision prises par l’administration. Ce sont autant d’éléments nouveaux qu’il conviendra d’appréhender dans le cadre du développement et du contrôle des activités entrant dans le champ du code minier.
Les autorisations d’ouverture de travaux miniers vont devenir des autorisations environnementales.
L’ordonnance relative à l’autorisation environnementale des travaux miniers intègre l’autorisation d’ouverture des travaux miniers dans le régime de l’autorisation environnementale en vue d’harmoniser les procédures et de faciliter leur maîtrise.
Le champ d’application de l’autorisation environnementale figurant à l’article L. 181-1 du code de l’environnement est donc étendu aux « Travaux de recherche et d’exploitation des substances de mines, des gîtes géothermiques et des substances de carrières contenues dans les fonds marins du domaine public, sur le plateau continental, et dans la zone économique exclusive, soumis à autorisation en application des articles L. 133-6, L. 162-1, L. 162-3 et L. 162-6 du code minier, à l’exclusion des travaux relevant de l’article L. 112-2 de ce code et des autorisations d’exploitation mentionnées à l’article L. 611-1 du même code, et travaux mentionnés à l’article L. 211-2 du code minier, lorsque ces derniers ne relèvent pas du 2° du présent article. »
L’ordonnance contient de nombreuses dispositions permettant d’adapter et de créer des passerelles entre le code minier et le régime déjà existant de l’autorisation environnementale.
Des dispositions transitoires spécifiques pour les autorisations de travaux miniers déjà délivrées ou en cours d’instruction sont prévues.
Les décisions relatives aux travaux miniers vont donc être également soumises à la suite de cette ordonnance à l’ensemble des règles régissant l’autorisation environnementale, lorsqu’elles seront contrôlées, modifiées, abrogées, retirées, renouvelées, transférées ou contestées. Les situations d’application du régime de l’autorisation environnementale aux travaux miniers déjà autorisés seront certainement l’objet de questions juridiques. Cela avait été observé au moment de la création du régime de l’autorisation environnementale devenu applicable pour les projets nouvellement soumis à ce régime.
De nombreuses autres dispositions importantes résultent de ces ordonnances. Il appartient désormais tant aux acteurs concernés, à l’administration qu’aux tiers de s’en imprégner dans le cadre de leur prochaine application.
Florian Ferjoux
Avocat – Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Solaire : le Gouvernement veut remettre en cause les contrats d’achat signés et élargir le périmètre des installations concernées (PLF 2027)
Le projet de loi de finances pour 2027, actuellement préparé par le Gouvernement comporte des mesures qui fragilisent le soutien public des installations de production d'énergie solaire. Au nom de l'objectif affiché de réduction de la dépense publique, le Gouvernement...
Greenwashing : la directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024 s’applique-t-elle directement aux entreprises à compter du 27 septembre 2026 ?
Plusieurs articles précisent ou laissent entendre que les entreprises doivent, au plus tard ce 27 septembre 2026, vérifier que leurs produits et services respectent directement les exigences de la directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024 modifiant les directives...
Chasse : la ministre de l’écologie autorise la chasse de 5000 specimens de fuligule milouin, en recommandant de privilégier le prélèvement des mâles
La ministre de l'écologie a publié au journal officiel du 24 septembre 2026, l'arrêté du 31 août 2026 encadrant la chasse du fuligule milouin pour la saison cynégétique 2026-2027. L'arrêté du 31 août 2026 fixe la date d'ouverture de la période de chasse au 1er octobre...
Déchets du bâtiment : le Gouvernement prépare un nouveau décret pour assurer la refondation de la filière. Voici ce qu’il faut en retenir.
Le ministère de l'écologie prépare un nouveau projet de décret pour tenter de réorganiser la filière de gestion des déchets du déchets du bâtiment (filière REP PMCB). Ce texte a été récemment soumis pour avis au Conseil d'Etat puis aux acteurs professionnels de la...
IA : l’usage abusif de l’intelligence artificielle peut mener à une amende pour recours abusif (état de la jurisprudence)
Les décisions par lesquelles le juge administratif fait part de son agacement grandissant à l'endroit des requêtes mal rédigées à l'aide d'outils d'intelligence artificielle se multiplient. Il est désormais certain que rédiger une requête devant le juge administratif...
Emballages : le point sur les nouvelles obligations issues du règlement PPWR (UE)2025/40 en vigueur depuis le 12 août 2026
Les dispositions du règlement (UE) 2025/40 du 19 décembre 2024 sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) sont entrées en vigueur le 12 août 2026. L’occasion de faire le point sur les principales mesures prévues par le règlement, dont l’adoption s’inscrit...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






