En bref
Solaire : le juge administratif précise son contrôle de la prévention des atteintes aux espèces protégées pour un projet de centrale solaire sur un site pollué (CAA Marseille, 19 mars 2026, n°24MA01751 – Jurisprudence cabinet)
Qu’est-ce qu’un « avocat en droit de l’environnement » ? Nos réponses sur l’accès, l’exercice et l’évolution du métier
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] La dérogation espèces protégées : matinale du droit de l’environnement exceptionnelle ce jeudi 12 mars 2026
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) : ce qu’il faut retenir des objectifs en matière de biogaz
Eolien : le Gouvernement présente un projet d’instruction relatif au renouvellement (« repowering ») des parcs éoliens
Le Ministère de la Transition écologique et solidaire a présenté un projet de circulaire sous forme d’instruction relative à l’appréciation des projets de renouvellement des parcs éoliens terrestres (source : actu-environnement).
Le contexte. Les parcs éoliens peuvent être amenés à évoluer, avant, pendant ou après leur exploitation. Cette évolution correspond notamment aux hypothèses d’augmentation des capacités de l’installation, en puissance ou en nombre d’éoliennes (« repowering »), mais aussi celle du changement de modèle, assez récurrente dans ce domaine, en raison de l’écart de temps entre le développement du parc et sa mise en service.
L’objet du projet d’instruction qui vient d’être présenté par le ministère et qui avait été annoncé en début d’année est de rappeler et clarifier les règles relatives au renouvellement des parcs en donnant aux exploitants des éléments pour une meilleure visibilité juridique sur l’évolution de leur autorisation environnementale.
Précisons que cette instruction n’aura pas de valeur contraignante. Elle a juste pour objet de traduire le droit déjà applicable, de donner des indications aux préfets et d’harmoniser leur appréciation.
Précisons également que, au-delà du contenu de cette instruction, le repowering des projets éoliens doit prendre en compte de nombreux autres éléments juridiques. En particulier, il importe d’être vigilant sur l’évolution des documents d’urbanisme, la construction d’habitations à moins de 500 mètres du parc, ou encore sur l’évolution des éléments de l’environnement, tel que l’augmentation du couvert végétal ou la présence de nouvelles faunes ou flores sur le site.
Le rappel du cadre juridique. Avant de présenter le contenu de cette instruction, pour rappel, les articles L. 181-14 et R. 181-46 du code de l’environnement fixent le cadre règlementaire de l’évolution des installations relevant de l’autorisation environnementale, comme les éoliennes d’une hauteur supérieure à 50 mètres, ou les parcs d’une puissance supérieure à 20 MW.
Si la modification apparaît comme étant substantielle, l’exploitant est tenu d’obtenir une nouvelle autorisation.
Si la modification de l’installation est de nature à entraîner un changement notable, l’exploitant est tenu d’en informer le préfet, afin que ce dernier puisse prendre éventuellement des prescriptions complémentaires après analyse des dangers ou inconvénients présentés par la modification.
L’article R. 181-46 du code de l’environnement précise ce qu’il convient de qualifier comme étant une modification substantielle imposant l’obtention d’une nouvelle autorisation. Ce sont les cas modifications qui :
« 1° En constitue une extension devant faire l’objet d’une nouvelle évaluation environnementale en application du II de l’article R. 122-2 ;
2° Ou atteint des seuils quantitatifs et des critères fixés par arrêté du ministre chargé de l’environnement ;
3° Ou est de nature à entraîner des dangers et inconvénients significatifs pour les intérêts mentionnés à l’article L. 181-3. »
C’est dans ce cadre qu’intervient le projet d’instruction présenté par le gouvernement. Notons que l’administration aurait pu aussi prévoir un arrêté, qui aurait lui été juridiquement contraignant.
Le projet d’instruction identifie cinq cas d’évolution d’un projet.
En premier lieu, selon les éléments du projet d’instruction, en cas de remplacement des éoliennes par un autre modèle de dimensions identiques, au même emplacement, la modification n’est pas substantielle mais est malgré tout notable.
Le changement de modèle d’éolienne implique donc d’adresser un porter à connaissance au préfet.
En deuxième lieu, si l’évolution du parc entraîne une augmentation du nombre d’éoliennes ou si elle entraîne une augmentation de capacité de plus de 20 MW, l’instruction indique que la modification est nécessairement substantielle.
L’exploitant devra alors déposer une nouvelle demande d’autorisation environnementale.
En troisième lieu, l’instruction identifie trois autres hypothèses d’évolution d’un parc :
– Remplacement, au même emplacement, par des éoliennes de même hauteur hors tout (mât, nacelle et pâle à la verticale), mais avec des pales plus longues ;
– Remplacement, au même emplacement, par des éoliennes plus hautes ;
– Remplacement et déplacement des éoliennes.
Selon le projet d’instruction, pour ces cas, l’exploitant devra adresser un porter à connaissance au préfet, et ce dernier devra apprécier au cas par cas l’ampleur de la modification.
L’instruction précise ensuite les éléments qui devront être apporter au préfet pour que celui-ci évalue s’il s’agit d’une modification seulement notable ou s’il s’agit d’une modification substantielle.
Le dossier transmis au préfet devra comporter des éléments sur :
– les nuisances sonores ;
– les perturbations sur les radars et la navigation aérienne (civile et militaire) ;
– le paysage ;
– le patrimoine ;
– la biodiversité (à ce titre, un suivi environnemental, selon le protocole en vigueur sera réalisé dans les 3 années qui précèdent le dépôt du dossier de renouvellement. Les résultats de ce suivi seront analysés et transmis en annexe du dossier de modification);
– les dispositions prévues pour la réalisation des travaux ;
– en cas de déplacement des éoliennes : les dispositions prévues pour la remise en état dans le respect des exigences prévues au R. 515-106 du code de l’environnement ; en cas d’implantation prévues sur de nouvelles parcelles, les éléments prévus au 11°, 12° a) ou le cas échéant 13° du D. 181-15-2 du code de l’environnement.
– la conformité du projet de renouvellement avec les règles d’urbanisme.
Le projet précise ensuite, situation par situation, des cas dans lesquels la modification sera ou ne sera pas considérée comme substantielle.
Par exemple, la note précise qu’une augmentation de moins de 10 % de la hauteur de l’ensemble des éoliennes est une modification notable. A l’inverse, une augmentation de plus de 50 % de la hauteur d’une des éoliennes constitue une modification substantielle.
En dernier lieu, le projet d’instruction invite les préfets à répondre rapidement aux porter à connaissance adressés par les exploitants, en précisant que la réponse à donner sur le caractère substantiel ou non de la modification doit être apportée dans un délai maximal de deux mois à réception d’un dossier complet.
Étant précisé que ce délai ne sera pas contraignant.
Florian Ferjoux
Avocat – Cabinet Gossement Avocats
Référent du cabinet pour le droit de l’urbanisme
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Plastique : vers une remise en cause de l’interdiction des contenants en plastique dans les cantines et les services pédiatriques ? (Conseil d’État, 8 avril 2026, n°502935)
Par une décision n°502935 du 8 avril 2026, le Conseil d’État a annulé les dispositions par lesquelles le décret n°2025-80 du 28 janvier 2025 a précisé les modalités d’application de l’interdiction d’utiliser des contenants alimentaires en plastique en particulier dans les services de restauration scolaire et en milieu hospitalier.
Réduction de la durée des recours contre les projets industriels : Arnaud Gossement interrogé par l’AFP
Ce 14 avril 2026, le Gouvernement a annoncé une nouvelle réforme des règles d'instruction des recours devant les juridictions administratives, lorsque ceux-ci sont dirigés contre des projets industriels. Le Gouvernement espère ainsi réduire "d'au moins un an" les...
[Webinaire] 17 avril 2026 : décryptage de l’appel d’offres pour les projets photovoltaïques sur toitures et ombrières (formation Tecsol – Gossement Avocats)
Dans le cadre de son activité d’organisme de formation certifiée Qualiopi, Tecsol, bureau d’ingénierie solaire, organise une formation le 17 avril 2026, pour décrypter le cahier des charges de l'appel d'offres pour les projets photovoltaïques sur toitures et ombrières...
Urbanisme : projet de décret sur la durée de validité des autorisations d’urbanisme des ouvrages de production d’énergie renouvelable – Consultation du public
Un projet de décret est actuellement soumis à la consultation du public, du 11 avril 2026 au 5 mai 2026. Le projet de décret a pour objet la clarification et la mise en cohérence et la simplification des procédures d’autorisation d’urbanisme, pour tenir compte de...
ICPE : le silence gardé par le préfet pendant plus de quatre mois sur le « porté à connaissance » comportant un projet de modifications vaut décision implicite de rejet (Conseil d’Etat, 8 avril 2026, n°495603)
Par une décision n°495603 du 8 avril 2026, le Conseil d'Etat a apporté une précision essentielle pour tous les exploitants d'installations classées (ICPE) - et notamment de parcs éoliens - qui sont amenés à adresser un "porté à connaissance'" à l'administration pour...
📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔
Le SERDEAUT Centre de recherches, centre de recherches de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne co-dirigé par le professeur Norbert Foulquier, organise un cycle de conférences mensuelles : "Les matinales du droit de l'environnement du SERDEAUT Centre de recherches". Ce...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.



![[Webinaire] 17 avril 2026 : décryptage de l’appel d’offres pour les projets photovoltaïques sur toitures et ombrières (formation Tecsol – Gossement Avocats)](https://www.gossement-avocats.com/wp-content/uploads/2024/07/solaire-parking-adobe-moyenne.jpg)


![📢 [𝐰𝐞𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞] 𝐋𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐬 (𝐙𝐀𝐍) : 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟏𝟔 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔](https://www.gossement-avocats.com/wp-content/uploads/2026/03/affiche-matinale-zan-16-avril-2026-400x250.jpg)