En bref
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
Responsabilité élargie du producteur : l’urgence sanitaire a-t-elle une incidence sur le versement de l’éco-contribution ?
En application du principe de la responsabilité élargie du producteur, les producteurs sont tenus de verser une contribution financière à l’éco-organisme auquel ils adhèrent. La période d’urgence sanitaire actuelle modifie-t-elle cette obligation ?
A titre liminaire, il importe de rappeler que l’éco-contribution, soit la contribution financière versée par un producteur à un éco-organisme, n’est pas un prélèvement obligatoire de nature fiscale mais une partie du prix d’un produit.
Par arrêt n°408425 du 28 décembre 2017, le Conseil d’Etat a en effet rappelé que l’éco-contribution destinée à financer la prévention et la gestion des déchets par application du principe de la responsabilité élargie du producteur, n’est pas un prélèvement obligatoire de nature fiscale . La décision précise : « la contribution financière versée à l’organisme agréé constitue la contrepartie directe du service qui lui est rendu par celui-ci, consistant à pourvoir, pour son compte, au traitement des déchets issus des bateaux de plaisance ou de sport qu’il a mis sur le marché national, et ne saurait être regardée, contrairement à ce que soutient la requérante, comme un versement assimilable à une imposition ou à une taxe instituée par l’autorité publique
Le principe : le paiement de la contribution financière doit intervenir à l’échéance prévue au contrat d’adhésion du producteur à un éco-orrganisme
Le droit en vigueur, incluant les récentes ordonnances prises en application de la loi n°2020-290 du 23 mars 2020 d’urgence pour faire face à l’épidémie de covid-19, ne prévoit pas expressément que l’échéance de paiement de la contribution financière due par un producteur à un éco-organisme, peut être prorogée ou suspendue, en conséquence de la crise sanitaire.
Sur ce dernier point, le rapport remis au président de la République sur l’ordonnance n°2020-306 du 25 mars 2020 souligne, au contraire, que « Le paiement des obligations contractuelles doit toujours avoir lieu à la date prévue par le contrat ».
Les contrats d’adhésion des producteurs aux éco-organismes précisent le plus souvent les modalités de calcul et de paiement de la contribution financière. Dans le cas où le contrat prévoit un paiement trimestriel de la contribution financière, l’échéance peut ainsi intervenir au cours de la période déclarée de l’état d’urgence sanitaire, comprise, sauf prorogation éventuelle, entre le 24 mars et le 24 mai 2020.
Pour savoir si le délai de paiement de la contribution financière figure parmi les délais susceptibles d’être prorogés ou suspendus, il est nécessaire de se reporter aux stipulations du contrat d’adhésion pour déterminer si l’échéance de paiement de la contribution financière peut, dans certaines circonstances, être reportée ou suspendue. Si tel n’est pas le cas, le paiement devrait en principe intervenir dans le délai prévu par le contrat.
Le risque d’un aménagement des délais versement de la contribution financière
Le risque pour le producteur. Sans versement, même temporaire, de la contribution financière, l’effectivité du transfert à l’éco-organisme de l’obligation du producteur de contribuer à la gestion des déchets peut être compromise, dès l’instant où il n’y aurait plus de contrepartie à l’obligation pesant sur l’éco-organisme d’assurer la gestion des déchets.
Le risque pour l’éco-organisme. En cas de report du paiement de la contribution financière, l’éco-organisme peut – notamment – être tenu, par souci de non discrimination, de le proposer à l’ensemble de ses adhérents (cf. article L. 541-10, III du code de l’environnement).
Les producteurs adhérents peuvent-ils se prévaloir d’un cas de force majeure ?
Sur ce point, nous vous invitons à lire l’analyse que nous avons consacrée à l’invocation de la force majeure en matière contractuelle. A noter que les récentes ordonnances publiées en application de la loi du 23 mars 2020 pour faire face à l’épidémie de covid-19, n’ont pas systématisé la possibilité de se prévaloir d’un cas de force majeure dans les contrats de droit privé (cf. en particulier, l’ordonnance n° 2020-315 du 25 mars 2020 qui prévoit des conditions financières de résolution de certains contrats de voyages touristiques et de séjours).
Pour retenir ou non la force majeure, il convient tout d’abord de procéder à un examen circonstancié des stipulations propres à chaque contrat. A défaut, l’invocation d’un cas de force majeure en matière de contrat de droit privé est étroitement encadrée par la loi (cf. article 1218 du code civil) ainsi que par la jurisprudence. L’examen de la jurisprudence montre que les tribunaux ne retiennent pas systématiquement les épidémies comme constituant un cas de force majeure. Le débiteur de l’obligation devra également démontrer que c’est bien l’épidémie de covid-19 qui l’a empêché d’exécuter son obligation.
Emma Babin
Avocate- Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Solaire : le Gouvernement veut remettre en cause les contrats d’achat signés et élargir le périmètre des installations concernées (PLF 2027)
Le projet de loi de finances pour 2027, actuellement préparé par le Gouvernement comporte des mesures qui fragilisent le soutien public des installations de production d'énergie solaire. Au nom de l'objectif affiché de réduction de la dépense publique, le Gouvernement...
Greenwashing : la directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024 s’applique-t-elle directement aux entreprises à compter du 27 septembre 2026 ?
Plusieurs articles précisent ou laissent entendre que les entreprises doivent, au plus tard ce 27 septembre 2026, vérifier que leurs produits et services respectent directement les exigences de la directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024 modifiant les directives...
Chasse : la ministre de l’écologie autorise la chasse de 5000 specimens de fuligule milouin, en recommandant de privilégier le prélèvement des mâles
La ministre de l'écologie a publié au journal officiel du 24 septembre 2026, l'arrêté du 31 août 2026 encadrant la chasse du fuligule milouin pour la saison cynégétique 2026-2027. L'arrêté du 31 août 2026 fixe la date d'ouverture de la période de chasse au 1er octobre...
Déchets du bâtiment : le Gouvernement prépare un nouveau décret pour assurer la refondation de la filière. Voici ce qu’il faut en retenir.
Le ministère de l'écologie prépare un nouveau projet de décret pour tenter de réorganiser la filière de gestion des déchets du déchets du bâtiment (filière REP PMCB). Ce texte a été récemment soumis pour avis au Conseil d'Etat puis aux acteurs professionnels de la...
IA : l’usage abusif de l’intelligence artificielle peut mener à une amende pour recours abusif (état de la jurisprudence)
Les décisions par lesquelles le juge administratif fait part de son agacement grandissant à l'endroit des requêtes mal rédigées à l'aide d'outils d'intelligence artificielle se multiplient. Il est désormais certain que rédiger une requête devant le juge administratif...
Emballages : le point sur les nouvelles obligations issues du règlement PPWR (UE)2025/40 en vigueur depuis le 12 août 2026
Les dispositions du règlement (UE) 2025/40 du 19 décembre 2024 sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) sont entrées en vigueur le 12 août 2026. L’occasion de faire le point sur les principales mesures prévues par le règlement, dont l’adoption s’inscrit...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






