En bref
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
📢[webinaire] « L’autorisation environnementale : le point sur le droit applicable », matinale SERDEAUT Paris I le jeudi 21 mai 2026
Charte de l’environnement : une proposition de loi pour consacrer les droits de la nature dans la Constitution
La sénatrice Monique de Marco (EELV) a déposé au Sénat une proposition de loi constitutionnelle visant à modifier la Charte de l’environnement pour consacrer les droits de la nature. Et ce pour répondre au constat selon lequel « la mise en œuvre de la Charte par le juge constitutionnel reste limitée ». A cette fin, cette proposition de loi de constitutionnelle prévoit notamment de constitutionnaliser les droits de la nature. Présentation.
Résumé
La sénatrice EELV Monique de Marco a déposé au Sénat une proposition de loi constitutionnelle qui comporte les mesures suivantes au sein de son article unique
- La constitutionnalisation des droits de la nature à l’article 1er de la Charte de l’environnement
- La suppression des renvois à la loi pour définir les conditions d’application des articles 3 et 4 de la Charte de l’environnement
- La suppression de l’exigence de conciliation entre l’écologie, l’économie et le social à l’article 6 de la Charte de l’environnement
II. Commentaire
A. La proposition de constitutionnalisation des droits de la nature à l’article 1er de la Charte de l’environnement
Cette proposition de loi est composée d’un article unique qui prévoit tout d’abord de modifier ainsi la rédaction de l’article 1er de la Charte de l’environnement, lequel est consacré au droit de chacun de vivre dans un environnement sain et équilibré :
« Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé. La nature et les éléments qui la composent ont le droit d’exister et d’évoluer en tant qu’écosystème. À ce titre, ils bénéficient des droits de protection, de conservation, d’entretien et, le cas échéant, de restauration. » (les termes dont l’ajout est proposé sont soulignés).
Cette proposition appelle les premiers commentaires suivants
En premier lieu, engager une procédure de révision constitutionnelle de la Charte de l’environnement comporte un risque politique important, celui de la « boite de pandore ». Nul ne pourra interdire à des parlementaires de proposer d’autres amendements, notamment pour réduire la portée de cette Charte ou y introduire des mesures contre-productives. On imagine sans peine que des amendements seront défendus pour supprimer l’article 5 de la Charte relatif au principe de précaution, par exemple.
En deuxième lieu, la rédaction mériterait d’être précisée. A titre d’exemple, le sens et la portée d’une phrase indiquant que la nature a le droit d’exister comme écosystème ne sont pas évidents. L’expression « bénéficier des droits » n’est pas non plus trés précise. Elle n’impose pas nécessairement que la nature soit titulaire de droits propres mais pourrait « bénéficier » de l’exercice de droits pour son compte, par des êtres humains. En outre, parmi les droits invoqués, manque sans doute celui relatif à une amélioration, au-delà de la seule préservation de ladite nature.
B. La suppression des renvois à la loi pour définir les conditions d’application des articles 3 et 4 de la Charte de l’environnement
La proposition de loi constitutionnelle ici commentée prévoit de supprimer les termes « , dans les conditions définies par la loi » au sein des articles 3 (devoir prévention des atteintes à l’environnement) et 4 (contribution à la réparation des dommages causés à l’environnement) de la Charte de l’environnement. Certes, cette précision serait utile pour que ces articles s’appliquent même sans loi. Toutefois, cette référence aux conditions définies par la loi a aussi permis au Conseil constitutionnel d’exiger du législateur qu’il exerce effectivement sa compétence sans la déléguer excessivement au pouvoir réglementaire.
C. La suppression de l’exigence de conciliation entre l’écologie, l’économie et le social
La proposition de loi constitutionnelle prévoit de corriger la rédaction de l’article 6 de la Charte de l’environnement qui est relatif à l’objectif de développement durable. En supprimant la deuxième phrase de cet article, laquelle prévoit une « conciliation » entre la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social.
« Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social.«
L’utilité de cette suppression n’est pas évidente puisque l’objectif de développement durable demeure inscrit dans la première phrase. Et sa définition suppose précisément de concilier les exigences de protection de l’environnement, de développement économique, de justice sociale. Il serait donc plus logique de supprimer tout l’article 6. Ce qui serait profondément regrettable à notre sens, eu égard à l’importance de l’objectif de développement durable en droit de l’environnement. Cette suppression créerait ainsi une incohérence entre la Charte et le droit international de l’environnement ou même l’article L.110-1 du code de l’environnement qui continue d’accorder une place essentielle à cet objectif.
Arnaud Gossement
avocat et professeur associé à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
Arnaud Gossement était l'invité de l'émission "28 minutes" présentée par Elisabeth Quin sur Arte. L'émission du mardi 23 juin 2026 était consacrée à la canicule et à la politique d'adaptation au changement climatique. L'émission peut être regardée ici.
Fast-fashion : voici ce que devrait prévoir la loi sur la « mode ultra express » qui sera définitivement adoptée le 29 juin 2026
Selon l'ADEME, l'industrie de la mode et du textile est à l’origine de 4 à 8 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, qui pourraient monter jusqu’à 26% en 2050 si les tendances actuelles de consommation se poursuivent. C'est dans ce contexte que le...
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Le SERDEAUT Centre de recherches co-dirigé par le professeur Norbert Norbert Foulquier, organise un cycle de conférences mensuelles : "Les matinales du droit de l'environnement du SERDEAUT ". 𝐂𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟐𝟓 𝐣𝐮𝐢𝐧 𝟐𝟎𝟐𝟔 𝐚̀ 𝟗𝐡𝟑𝟎, 𝐥𝐚 𝐪𝐮𝐚𝐭𝐫𝐢𝐞̀𝐦𝐞 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐬𝐞𝐫𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐚𝐜𝐫𝐞́𝐞 𝐚̀ 𝐮𝐧...
Urbanisme : extension de la possibilité de régulariser une construction par permis de construire modificatif même après l’achèvement des travaux (Conseil d’Etat)
Par une décision n°502265 rendue le 11 juin 2026, le Conseil d'Etat a apporté une importante précision relative au champ d'application du permis de construire modificatif : lorsque celui-ci a pour effet de régulariser le permis de construire initial, il peut être...
Solaire : le Gouvernement propose de relever de 1 à 3 MWc le seuil de dispense d’étude d’impact systématique pour les installations photovoltaïques de production d’électricité
Le Gouvernement organise, du 11 juin au 2 juillet 2026, une consultation publique relative à un article d'un projet de décret comportant une mesure de simplification de l'obligation d'évaluation environnementale des projets d’installations photovoltaïques de...
Greenwashing (écoblanchiment) : décryptage du projet de nouvelles règles pour encadrer les allégations environnementales (projet de loi DDADDUE)
Par un communiqué de presse du 28 mai 2026, la Commission européenne a annoncé avoir envoyé une lettre de mise en demeure à 20 Etats membres – dont la France – au motif qu’ils ne lui ont toujours pas communiqué les mesures prises pour assurer la transposition complète...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.



![📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026](https://www.gossement-avocats.com/wp-content/uploads/2025/10/greenwashing-adobe-400x250.jpeg)


