En bref
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
📢[webinaire] « L’autorisation environnementale : le point sur le droit applicable », matinale SERDEAUT Paris I le jeudi 21 mai 2026
Allégations environnementales : la DGCCRF enjoint publiquement à une société de cesser les pratiques commerciales trompeuses constatées sur ses sites internet et en lien avec l’écologie
L’information, publiée au coeur du mois d’août, est passée inaperçue et pourtant, elle est d’une grande importance. Elle intéressera notamment toutes les entreprises qui s’expriment sur les qualités environnementales de leurs activités, produits et services et qui sont confrontées depuis 2020 à un cadre juridique relatif aux allégations environnementales, en plein essor. La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes relevant du ministère de l’économie), a en effet publié sur sa page internet un article par lequel elle indique avoir enjoint à une société de cesser plusieurs pratiques commerciales. Une étape significative de l’engagement de l’Etat dans la lutte contre le « greenwashing » (écoblanchiment).
Aux termes de la publication réalisée sur la page internet de la DGCCRF, des investigations ont mis en évidence plusieurs pratiques commerciales trompeuses sur les sites internet exploités par une société commercialisant des matelas et produits de literie.
Ces pratiques commerciales trompeuses sont les suivantes :
- l’origine française ou européenne de certains produits proposés à la vente, alors que ce n’était pas le cas ;
- la mise en avant trompeuse du caractère « écologique » de matériaux mis en œuvre dans la confection de matelas ;
- la mise en avant des vertus de l’aloe vera et du latex contenu dans les matelas, sans aucune justification quant à leur présence effective dans les produits et à la véracité de ces allégations ;
- l’usage des dénominations « latex naturel » et « matelas latex » sans remplir les conditions pour pouvoir utiliser ces dénominations ;
- la mise en avant d’une offre commerciale « meilleur prix garantie » qui ne peut manifestement pas être mise en œuvre par le consommateur au vu de ses conditions.
L’administration a donc enjointe la société concernée de cesser toutes ces pratiques commerciales trompeuses.
Cette publication est intéressante et doit retenir l’attention car l’une des pratiques commerciales trompeuses identifiée par l’administration est constituée d’une allégation environnementale, à savoir : « la mise en avant trompeuse du caractère « écologique » de matériaux mis en œuvre dans la confection de matelas« .
Malgré le caractère sommaire de cette indication, celle-ci appelle les observations suivantes.
– Le nom de la société auteure – selon l’administration – de cette pratique commerciale – est cité sur une page internet. L’intention de procéder à un « name and shame » est explicite ainsi que celle d’avertir les autres acteurs économiques qui formulent des allégations environnementales.
– l’allégation environnementale en cause était formulée sur un site internet, ce qui confirme que toutes les allégations environnementales doivent être vérifiées, qu’elles soient exprimées sur le produit, lors du service ou sur tout support.
– l’allégation environnementale irrégulière est détectée par l’administration et non – par exemple – par une association, ce qui démontre la volonté de l’Etat de se saisir sans attendre de cette problématique.
– cette allégation ne concerne pas un produit assemblé et commercialisé mais l’un de ses composants, preuve de l’intensité de l’obligation de vigilance qui pèse sur les auteurs d’allégations environnementales.
– cette publication de la DGCCRF intervient alors que le cadre juridique relatif aux allégations environnementales est en plein essor depuis 2020. On rappellera notamment l’entrée en vigueur de la directive n°2024/825 du 28 février 2024 qui contribue à la formation du régime juridique des allégations environnementales (cf. notre commentaire).
Cette décision de la DGCCRF témoigne de l’importance pour les acteurs économiques qui expriment des allégations environnementales de s’informer sur toutes les conditions de légalité de ces dernières.
Arnaud Gossement
avocat et professeur associé à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Fast-fashion (mode ultra express) : le Gouvernement prépare l’entrée en vigueur, le 1er septembre 2026, du malus sur les vêtements non durables
Le Gouvernement ouvre une consultation publique sur le premier projet de texte réglementaire d'application de la loi n° 2026-602 du 8 juillet 2026 visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile, le jour même de la promulgation de celle-ci. Ce texte a...
Le « Principe habitabilité » : « C’est simplement le vrai nom de ce que l’on appelait auparavant environnement – une fois qu’on a compris ce qu’il était vraiment : pas un dehors où se servir, mais une condition de tous les possibles. » Notre lecture du livre de Baptiste Morizot et Laurent Neyret (Gallimard, 2026, coll. Tracts)
Baptiste Morizot est agrégé de philosophie et enseignant à l'université d'Aix-Marseille. Laurent Neyret est professeur de droit à Sciences-po. Il a été directeur de cabinet de Laurent Fabius alors président du Conseil constitutionnel. Ils ont tous deux publié, en...
50ème anniversaire de la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature : « La loi sur la protection de la nature nous rappelle que l’objectif est de maintenir la Terre habitable » (La Croix)
La chronique d'Arnaud Gossement pour le journal La Croix est consacrée au cinquantième anniversaire d'une grande loi fondatrice du droit de l'environnement : la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature. Cette chronique est à lire ici. ...
Fast-fashion (« mode ultra express ») : décryptage de la loi n°2026-602 du 8 juillet 2026 visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile
La loi n° 2026-602 du 8 juillet 2026 visant à réduire l'impact environnemental de l'industrie textile a été publiée au journal officiel du 9 juillet 2026. Pour mémoire, selon l'ADEME, l'industrie de la mode et du textile est à l’origine de 4 à 8 % des émissions de gaz...
Lagopède alpin : l’interdiction de sa chasse en consultation publique
L’Etat vient de mettre en consultation publique un projet de texte important visant l’inscription du Lagopède alpin sur la liste des oiseaux protégés et le retrait de cet oiseau de la liste des espèces chassables. Le 2 mars 2026, saisi par les associations Ligue pour...
Urbanisme : le Conseil d’Etat réalise un équilibre entre la qualité d’élu local libre de son expression du maire et sa qualité d’instructeur désintéressé et impartial des demandes d’autorisations d’urbanisme (Conseil d’Etat, 29 juin 2026, société R. n°496823)
Par une décision n°496823 rendue ce 29 juin 2026 le Conseil d'Etat a jugé que les décisions prises en matière d’autorisation d’urbanisme sont cumulativement soumises au respect, d’une part des dispositions de l’article L.422-7 du code de l’urbanisme (obligation...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






