En bref
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
Le décret n°2025-1048 du 30 octobre 2025 relatif à la sixième période du dispositif des certificats d’économies d’énergie est légal (Conseil d’Etat, 22 juillet 2026)
Par une décision du 22 juillet 2026, le Conseil d’Etat a rejeté les requêtes par lesquelles plusieurs fournisseurs de fioul domestique ou de carburants ont sollicité l’annulation, totale ou partielle, du décret n°2025-1048 du 30 octobre 2025 relatif à la sixième période du dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE). Décryptage. Par Alexia Thomas, avocate senior au cabinet Gossement Avocats.
Résumé
- Par une décision du 22 juillet 2026, le Conseil d’Etat a rejeté les recours par lesquels plusieurs fournisseurs de fioul ont demandé l’annulation du décret n°2025-1048 du 30 octobre 2025 relatif à la sixième période du dispositif des certificats d’économies d’énergie.
- Pour le Conseil d’Etat, ces fournisseurs de fioul n’ont pas démontré l’existence d’un motif d’illégalité de ce décret.
- Pour le Conseil d’Etat, les modifications que ce décret apporte au dispositif juridique des certificats d’économies d’énergie sont justifiées par la maturité du marché des CEE et par la nécessité d’y soumettre davantage de fournisseurs de fioul domestique ou de carburants.
Commentaire
Dans cette affaire, le Conseil d’Etat a été saisi de la question de la légalité du décret du 30 octobre 2025, publié au journal officiel de la République française du 4 novembre 2025. Ce décret définit les nouvelles modalités du dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE) pour la sixième période qui a débuté le 1er janvier 2026. Parmi les modifications apportées au dispositif figurait notamment un abaissement des seuils d’obligations d’économies d’énergie définis à l’article R. 221-3 du code de l’énergie afin de soumettre davantage de fournisseurs d’énergie ou de carburants à l’obligation d’économies d’énergie.
L’article R.221-3 du code de l’énergie dispose, dans sa nouvelle version applicable à compter du 5 novembre 2025, que sont soumises à obligation d’économies d’énergie notamment :
- Les personnes dont les ventes annuelles de fioul domestique sont supérieures à 500 mètres cubes ;
- Les personnes dont les ventes annuelles de carburants autres que le gaz de pétrole liquéfié sont supérieures à 500 mètres cubes.
I. Rappel des faits et de la procédure
Plusieurs entreprises et fédérations ont demandé l’annulation de ce décret du 30 octobre 2025 au motif qu’il soumet des fournisseurs de fioul domestique ou carburant à la sixième période du dispositif des CEE alors que ces mêmes fournisseurs n’y étaient pas soumis lors des précédentes périodes.
Le Conseil d’Etat a joint les trois requêtes qui ont été déposées car elles concernaient le même décret et présentaient à juger les mêmes questions.
II. Sur la solution retenue par le Conseil d’Etat: l’abaisssement des seuils d’assujettissement au dispositif des CEE ne méconnaît pas le principe d’égalité devant les charges publiques et ne porte pas une atteinte excessive à la liberté d’entreprendre ou à la liberté du commerce et de l’industrie
Devant le Conseil d’Etat, les requérants ont notamment soutenu que l’abaissement des seuils d’assujettissement au dispositif des CEE est susceptible de méconnaitre le principe d’égalité devant les charges publiques et de porter une atteinte excessive à la liberté d’entreprendre et à la liberté du commerce et de l’industrie :
Le Conseil d’Etat a jugé :
- d’une part, que la maturité du marché des CEE justifiait d’attraire un plus grand nombre d’opérateurs dans le dispositif pour contribuer aux objectifs d’économies d’énergie sans faire peser sur eux une charge opérationnelle et administrative excessive.
- d’autre part, que cet abaissement des seuils a été décidé par le Gouvernement en réponse à une pratique de filialisation qui avait court et consistait pour les fournisseurs de fioul domestique et de carburants autres que le gaz de pétrole liquéfié à s’assurer de ne pas dépasser les seuils d’assujettissement pour éviter d’être soumis à une obligation d’économies d’énergie.
- enfin, que si les seuils d’assujettissement varient en fonction du type d’énergie mise à la consommation, ils ont été établis en fonction de la taille et de la structure de chaque marché afin d’éviter des effets de contournement des obligations d’économies d’énergie.
De la même manière, le Conseil d’Etat a jugé que le pouvoir réglementaire n’a commis aucune erreur de droit ou d’appréciation manifeste en déterminant les coefficients d’obligations sur la base de projections.
Le relèvement des coefficients d’obligations s’explique, selon le Conseil d’Etat, par l’augmentation du volume global des obligations d’économies d’énergie sur la sixième période et par l’évolution souhaitée du mix énergétique sur cette période.
Alexia Thomas, avocate senior au cabinet Gossement Avocats
A lire également :
Pour en savoir plus sur l’expertise du cabinet :
Notre page Cabinet d’avocats en droit de l’énergie, droit minier, droit du changement climatique
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Urbanisme : le refus de délivrer le permis de construire peut être fondé sur une incomplétude du dossier, sans demande de compléments préalable (Conseil d’Etat, 3 août 2026, n°497092)
Par une décision du 3 août 2026 n°497092, publiée au Recueil, le Conseil d’Etat a jugé que l’autorité administrative compétente peut refuser de délivrer un permis de construire lorsque ce dernier n’est pas complet, sans avoir adressé une demande de compléments...
Recours abusif : le législateur définit ce qu’est un « comportement abusif » (Loi n°2026-796 du 18 août 2026 d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles)
L'article 60 de la loi n°2026-796 du 18 août 2026 d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a créé une nouvelle procédure de condamnation de l’auteur d’un recours, considéré comme abusif, à des dommages et intérêts, devant le juge administratif Par une...
Bidoversité : publication du décret n°2026-829 du 28 août 2026 relatif au régime unique de la haie
Le Gouvernement a publié au journal officiel du 29 août 2026, le décret n° 2026-829 du 28 août 2026 relatif au régime unique de la haie. Le décret décrit les modalités de cette nouvelle procédure censée articuler sans les effacer les treize législations différentes...
IA : l’usage abusif de l’intelligence artificielle peut mener à une amende pour recours abusif (tribunal administratif de Rennes, ord., 19 août 2026, n°2508168)
Par une ordonnance n°2508168 rendue ce 19 août 2026, le tribunal administratif de Rennes a infligé une amende pour recours abusif à une personne dont le recours avait manifestement été écrit à l'aide d'un outil d'intelligence artificielle. Une ordonnance qui ne...
Sénatoriales 2026 : publication de la circulaire du ministre de l’intérieur sur l’attribution d’une nuance politique aux candidats, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche
Le ministre de l'intérieur vient d'adresser aux préfets une circulaire du 23 août 2026 relative à l'attribution des nuances politiques aux candidats aux élections sénatoriales du 27 septembre 2026. Une circulaire dont l'objet est de permettre aux préfets de disposer,...
Commande publique : entrée en vigueur le 22 août 2026 des nouvelles obligations de prise en compte des objectifs de développement durable dans les marchés publics (article 35 de la loi « climat et résilience » du 22 août 2021)
Depuis ce 22 août 2026, plusieurs dispositions de l'article 35 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, dite loi "climat et résilience" sont entrées en vigueur. Elles...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






