En bref
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
[communiqué] Le cabinet Gossement Avocats ne participe à aucun « classement » de cabinet d’avocats
📢[webinaire] « L’autorisation environnementale : le point sur le droit applicable », matinale SERDEAUT Paris I le jeudi 21 mai 2026
Projet de loi énergie – climat : un renforcement de la lutte contre la fraude aux certificats d’économies d’énergie
L’article 4 du projet de loi énergie climat propose de renforcer la lutte contre la fraude aux certificats d’économies d’énergie (CEE). Analyse.
L’article 4 du projet de loi énergie climat propose de renforcer la lutte contre la fraude aux Certificats d’économies d’énergie (CEE) en prévoyant trois types de mesures relatives :
– aux sanctions administratives ;
– au contrôle des dossiers CEE ;
– à la circulation des informations entre les services de l’administration.
Contexte
Le rapport d’analyse TRACFIN de 2016 a mis en lumière les fraudes aux certificats d’économies d’énergie. Le rapport constatait que le coût d’entrée sur le marché des CEE pour un délégataire était faible car il nécessitait seulement d’obtenir la délégation d’un obligé. Une fois que le délégataire a accès au marché, le risque est qu’il présente des dossiers fictifs, afin de bénéficier de CEE sans avoir effectué les travaux correspondants.
Les modalités pour accéder au statut de délégataire et le contrôle du PNCEE sur les dossiers de demande de délégation ont été accrus pour la 4ème période, venant limiter ainsi le nombre de délégataires.
Outre la limitation du nombre de délégataires, il est désormais envisagé de renforcer les sanctions et le contrôle sur les CEE.
Présentation du texte
En premier lieu, les CEE reposent sur un système déclaratif. Les obligés ou leurs délégataires se contentent de solliciter des certificats correspondant au volume d’économies d’énergie qu’ils estiment avoir réalisé. Les pièces justificatives ne sont produites qu’en cas de contrôle, réalisé en principe après la délivrance des CEE (cf. article R. 222-7 du code de l’énergie).
En cas de manquement aux obligations d’économies d’énergies et aux obligations déclaratives, l’article L. 222-2 du code de l’énergie prévoit diverses sanctions.
Le projet de loi qui nous occupe viendrait modifier l’article L. 222-2 du code de l’énergie comme suit :
» [En cas de manquement à des obligations déclaratives], le ministre met l’intéressé en demeure de se conformer à ses obligations dans un délai déterminé. Il peut rendre publique cette mise en demeure.
Lorsque l’intéressé ne se conforme pas dans les délais fixés à cette mise en demeure [ou lorsque des certificats d’économies d’énergie lui ont été indûment délivrés], le ministre chargé de l’énergie peut :
» 1° Prononcer à son encontre une sanction pécuniaire (…) ;
2° Le priver de la possibilité d’obtenir des certificats d’économies d’énergie (…) ;
3° Annuler des certificats d’économies d’énergie de l’intéressé, d’un volume égal à celui concerné par le manquement ;
4° Suspendre ou rejeter les demandes de certificats d’économies d’énergie faites par l’intéressé.
Un décret en Conseil d’Etat précise les modalités d’application du présent article. »
En deuxième lieu, l’article 4 propose de créer l’article L. 222-2-1 du code de l’énergie renforçant le contrôle sur les personnes déjà sanctionnées en raison de manquement aux obligations déclaratives.
Aux termes de cet article, le PNCEE pourrait imposer au demandeur sanctionné de faire réaliser un contrôle par un organisme tiers :
– des certificats délivrés ou demandés ;
– des demandes ultérieures pendant une période d’un an.
Le recours à un organisme tiers et le type de contrôle (pour les opérations passées et/ou les opérations à venir) semblent être laissés à la discrétion de l’administration.
A notre sens ce texte nécessite l’adoption d’un décret d’application. Aucune information n’est donnée ni sur les compétences de l’organisme tiers, ni sur le contrôle attendu : contrôle sur pièce ou contrôle des travaux.
En troisième lieu, la dernière disposition relative aux CEE concerne la circulation des données entre les différents services de l’administration et serait insérée à un nouvel article L. 222-10 du code de l’énergie. Les renseignements entre administrations peuvent être spontanés ou sur demande.
Le risque de fraude étant avant tout documentaire, ce nouvel article serait opportun.
Mise en perspective : pour rappel, le député Julien Aubert, du groupe Les Républicains, avait déposé, le 8 juin 2018, la proposition de résolution n° 1036 relatives aux Certificats d’Economies d’Energie (CEE).
Aux termes de cette proposition de résolution, l’Assemblée nationale formulait 4 propositions, dont le renforcement des dispositifs de lutte contre la fraude au CEE et les comportements spéculatifs.
Il est regrettable, aujourd’hui, que le législateur n’accompagne pas la lutte contre la fraude par une clarification du statut comptable et fiscal du CEE afin de donner plus de prévisibilité aux obligés du dispositif.
Emilie Bertaina
Avocate – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
1er juillet 2026 : entrée en vigueur du décret du 21 avril 2026 relatif à la simplification de la procédure devant le juge administratif pour les projets stratégiques
Le Gouvernement a publié, au journal officiel du 22 avril 2026, le décret n° 2026-302 du 21 avril 2026 relatif à la simplification de la procédure contentieuse en matière environnementale et à l'accélération de certains projets. Ce décret a pour ambition principale de...
« Loi Duplomb » : le Sénat inverse la logique du principe de précaution pour l’autorisation des substances de la famille des néonicotinoïdes
Le 29 juin 2026, le Sénat a adopté, en séance publique, l'article 2 quater du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. Un article qui reprend, pour l'essentiel, le contenu de la proposition de loi (dite « Duplomb 2 ») « visant à...
Certificats d’économies d’énergie : publication du décret n°2026-560 du 26 juin 2026 relatif à la gestion des comptes dans le registre national des certificats d’économies d’énergie
Le Gouvernement a publié au JO du 30 juin 2026, le décret n°2026-560 du 26 juin 2026 relatif à la gestion des comptes dans le registre national des certificats d’économies d’énergie. Ce décret a été pris pour l'application de la loi n°2025-594 du 30 juin 2025 contre...
Stockage d’électricité : suspension de l’exécution du retrait d’un permis de construire dans le cadre d’un référé suspension (TA Lille, ord., 16 juin 2026, n°2605575)
Par une ordonnance du 16 juin 2026, n°2605575, le juge des référés du Tribunal administratif de Lille a suspendu les effets d’une décision de retrait d’un permis de construire, qui avait été délivré de manière tacite, pour la construction d'une centrale de stockage...
Autoconsommation : publication du décret n°2026-561 du 26 juin 2026 relatif aux règles de répartition de l’énergie au sein d’une opération d’autoconsommation collective
Le Gouvernement a publié au journal officiel du 30 juin 2026, le décret n° 2026-561 du 26 juin 2026 relatif aux règles de répartition de l'énergie au sein d'une opération d'autoconsommation collective. Il a pour objet d’encadrer la répartition de l'énergie...
A 69 : les autorisations environnementales des travaux sont désormais définitives (Conseil d’Etat, 29 juin 2026, n°512448 et s.)
Par une décision n°512448 et s. rendue le 29 juin 2026, le Conseil d'Etat a rejeté le pourvoi en cassation dirigé contre l'arrêt rendu le 30 décembre 2025 par lequel la cour administrative d'appel de Toulouse avait annulé le jugement du 27 février 2025 par lequel le...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






