En bref
[Communiqué] Loi d’urgence agricole : le cabinet Gossement Avocats dépose une contribution extérieure devant le Conseil constitutionnel contre l’article relatif à l’autorisation de substances néonicotinoïdes en violation du droit à un environnement sain et équilibré, du principe de précaution, du principe de participation du public
Canicule : Arnaud Gossement invité de l’émission « 28 minutes » sur Arte, le 23 juin 2026
📢[webinaire] « L’éco-blanchiment (« greenwashing ») : le point sur le cadre juridique des allégations environnementales ». Matinale du droit de l’environnement du SERDEAUT, le 25 juin 2026
Solaire : Gossement Avocats défend la société Enertrag et obtient une décision favorable pour un parc photovoltaïque couplé avec une activité agricole (Cour administrative d’appel de Lyon)
Urbanisme : précisions sur le certificat d’urbanisme négatif et les règles applicables en cas d’évolution du PLU pendant le délai de validité du certificat (Conseil d’Etat)
Par arrêt du 18 décembre 2017 (n° 380438), le Conseil d’Etat a apporté des précisions sur le régime applicable au certificat d’urbanisme qualifié de « négatif ».
Dans cette affaire, les propriétaires d’un terrain ont demandé à la commune de L. (Nord) un certificat d’urbanisme en vue de construire une habitation sur ce terrain. Le 29 novembre 2009, le maire leur a délivré un certificat d’urbanisme « négatif ».
Par une décision du 9 juillet 2010, le maire a ensuite refusé de leur délivrer un permis de construire une habitation sur le terrain en cause, sur le fondement du plan local d’urbanisme (PLU) modifié le 16 décembre 2009.
Après le rejet de leur recours gracieux, les propriétaires ont saisi le Tribunal administratif de Lille d’un recours en annulation de l’arrêté du 9 juillet 2010. Le Tribunal administratif a rejeté leur demande, rejet confirmé en appel. Les requérants ont donc formé un pourvoi en cassation.
Pour rappel, le certificat d’urbanisme est un document non obligatoire qui permet d’une part de connaître les règles d’urbanisme applicables à un terrain donné, et d’autre part de savoir si l’opération envisagée sur le terrain est réalisable.
En premier lieu, le Conseil d’Etat juge, au regard des dispositions de l’article L. 410-1 du code de l’urbanisme, qu’un certificat d’urbanisme négatif confère des droits à son titulaire :
« […] Lorsqu’une demande d’autorisation ou une déclaration préalable est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d’un certificat d’urbanisme, les dispositions d’urbanisme, le régime des taxes et participations d’urbanisme ainsi que les limitations administratives au droit de propriété tels qu’ils existaient à la date du certificat ne peuvent être remis en cause à l’exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique. […]« .
Ainsi, la personne à laquelle a été délivré un certificat d’urbanisme, quel que soit son contenu, dispose du droit à voir sa demande d’autorisation ou de déclaration préalable déposée durant les dix-huit mois qui suivent et examinée au regard des dispositions d’urbanisme applicables à la date de ce certificat.
L’article L. 410-1 pose une seule exception relative aux dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique.
En second lieu, le Conseil d’Etat précise qu’il résulte de la combinaison des articles L. 111-7, L. 123-6 et L. 410-1 du code de l’urbanisme, la possibilité de se voir opposer un sursis à statuer à une déclaration préalable ou à une demande de permis, lorsque la modification du PLU est déjà prescrite à la date de délivrance du certificat.
En effet, aux termes de l’article L. 111-7 précité, l’autorité administrative peut refuser de délivrer des autorisations pour des travaux, constructions ou installations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l’exécution du futur PLU.
Dès lors, lorsque le plan en cours d’élaboration aurait justifié à la date de délivrance du certificat d’urbanisme que soit opposé un sursis à une demande de permis ou à une déclaration préalable, les dispositions issues du nouveau plan, entré en vigueur dans le délai du certificat, sont applicables à la demande de permis ou à la déclaration préalable.
En l’espèce, à la date de délivrance du certificat d’urbanisme litigieux, le projet de modification du PLU faisait déjà état de la création d’un emplacement réservé, sur le terrain du projet.
Ainsi, la mairie pouvait légalement leur opposer, à cette date, un sursis à statuer pour une demande de permis de construire portant sur la parcelle en cause.
Par conséquent, le Conseil d’Etat juge, d’une part, qu’un certificat d’urbanisme négatif confère des droits à son titulaire et cristallise les règles d’urbanisme à sa date de délivrance.
Le Conseil d’Etat juge, d’autre part, que dès lors que les conditions requises pour surseoir à statuer sur la demande sont réunies à la date du certificat, les dispositions issues du nouveau plan sont applicables à la demande de permis de construire.
Laura Picavez
Juriste – Cabinet Gossement Avocats
Vous avez apprécié cet article ? Partagez le sur les réseaux sociaux :
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d’excellence :
droit de l’environnement, droit de l’énergie, droit de l’urbanisme, tant en droit public qu’en droit privé.
À lire également
Solaire : précision des conditions requises pour bénéficier du report de l’obligation d’équipement des parcs de stationnement (décret n°2026-842 du 7 septembre 2026)
Par un décret n°2026-842 du 7 septembre 2026, le Gouvernement a précisé les conditions requises pour permettre aux propriétaires de parcs de stationnement de bénéficier d'un délai supplémentaire pour satisfaire à leur obligation d'installation. Cette possibilité de...
Le Lagopède alpin et le Grand tétras sont enfin protégés (arrêtés du 12 août et du 3 septembre 2026)
Par deux arrêtés du 12 août et du 3 septembre 2026, les ministres de la transition écologique et de l'agriculture ont, enfin, inscrit le lagopède alpin et le grand tétras sur la liste des espèces d'oiseaux protégés en France. Une excellente nouvelle et une victoire...
Restriction des usages de l’eau : rejet en référé d’une demande de suspension d’un arrêté sécheresse (tribunal administratif de Nice, ref., 25 août 2026, n°2605774)
Les litiges relatifs aux usages de l'eau se multiplient devant le juge administratif. Par une ordonnance n°2605774 rendue ce 25 août 2026, la juge des référés du tribunal administratif de Nice a rejeté la demande, présentée notamment par la commune de Cannes, de...
Urbanisme : le refus de délivrer le permis de construire peut être fondé sur une incomplétude du dossier, sans demande de compléments préalable (Conseil d’Etat, 3 août 2026, n°497092)
Par une décision du 3 août 2026 n°497092, publiée au Recueil, le Conseil d’Etat a jugé que l’autorité administrative compétente peut refuser de délivrer un permis de construire lorsque ce dernier n’est pas complet, sans avoir adressé une demande de compléments...
Recours abusif : le législateur définit ce qu’est un « comportement abusif » (Loi n°2026-796 du 18 août 2026 d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles)
L'article 60 de la loi n°2026-796 du 18 août 2026 d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a créé une nouvelle procédure de condamnation de l’auteur d’un recours, considéré comme abusif, à des dommages et intérêts, devant le juge administratif Par une...
Bidoversité : publication du décret n°2026-829 du 28 août 2026 relatif au régime unique de la haie
Le Gouvernement a publié au journal officiel du 29 août 2026, le décret n° 2026-829 du 28 août 2026 relatif au régime unique de la haie. Le décret décrit les modalités de cette nouvelle procédure censée articuler sans les effacer les treize législations différentes...
Découvrez le cabinet Gossement Avocats
Notre Cabinet
Notre valeur ajoutée :
outre une parfaite connaissance du droit, nous contribuons à son élaboration et anticipons en permanence ses évolutions.
Nos Compétences
Gossement Avocats est une référence dans ses domaines d'excellence :
droit de l'environnement, droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, tant en droit public qu'en droit privé.
Contact
Le cabinet dispose de bureaux à Paris, Rennes et intervient partout en France.






